Le 1ier décembre 2014 marque officiellement la sortie des
projets suivants de la compagnie de réalisation artistique Production Noire
Inc. ( Noirs au Travail) : 1- Emcee à Mort ( Jusqu’à Lamort) 2- L’Économie du Marché Noir. Deux projets infra-structuraux qui furent en structuration depuis quelques
temps. Ces deux projets artistiques
ont été précédés de deux apéritifs concrétisés au courant de l’été 2014 :
1- Prélude Noirci 2- Prélude Mortel (Emceeing à Mort). D’une part, Emcee à Mort (Jusqu’à Lamort) se
trouve à être le tout premier opus intégral de Kapois Lamort. Un projet
audacieux permettant à ce dernier de démontrer la polyvalence et
l’hétérogénéité de son talent de emcee. Ce qu’il canalise clairement à
travers 18 morceaux affichant un
lyrisme : distractif, provocateur, hétérodoxe, sociologique, expérimental
et revendicateur. Somme toute, à travers ce premier L.P intégral disponible en
format numérique; Monsieur Lamort affiche un profond enthousiasme et une forte
passion pour le rap hardcore, salace, acéré et surtout excessivement explicite.
D’entrée de jeu, cela nous frappe de plein fouet avec des morceaux comme :
Fucking R.P, Talkshitteur & Bullshitteur et la destructrice Koupé
Tèt Boulé Kay. Par moment, Kapois
Lamort exhibe dans un angle sociologique assez perturbateur avec des morceaux
comme : Les Rues du 5-1-4 en collaboration avec Naufra 1-1 et O.T.T
( Goldbizzz), Alex Grant & George
Bonga en duo avec Warren Market ainsi que Jeune Fille Haïtienne perdue
dans le 5 :14- remix .
Cependant, le segment distractif et mélodieux du projet reste surprenant
avec des titres tels : Cyber-
R.A.P, MTL Techno Club, Rétro-Festif en collaboration avec
Prod-Noire All Starz, Amour Mortel ( 2niteBaby) et Fête Konpassée
pt.1 entre autres. Un morceau
des plus introspectifs et transcendants de Emcee à Mort ( Jusqu’à Lamort)
se trouve à être Rap@mesproches .
Par son intensité psycho-émotionnelle et sa musicalité ambiante/ psychédélique
ce morceau est une invitation intimiste dans l’univers psychique de Kapois
Lamort. C’est aussi une ode en l’honneur de tous les hip-hopeurs(euses)
ultra-underground au caractère anxio-dépressif et bipolaire du Québec. Tout comme K-OS, Kapois Lamort transcende
certains clichés liés à linéarité et l’homogénéité artistique que l’on retrouve
dans le hip-hop puriste et lyrique. Grosso-modo, Kapois Lamort est un praticien du Emcee
Murdah. Ce qui est agrémenté par son paradigme socio-artistique axé sur
l’expérimentation, l’avant-gardisme et la provocation.
Baron Samadhi maître du Marché Noir
D’une autre
part, L’Économie du Marché Noir est un projet qui met en exergue une
forte dose d’activisme social et d’explicité lyrique. Les principaux membres de
l’écurie actuelle de Prod-Noire All Starz sont : K.Lamort, Ramsès le
Pirate, Érézy Street Pédagogue et Anbachal Byasou. Le contexte engagé de la
compilation hip-hop numérique – L’Économie du Marché Noir- est expliqué
d’emblée en introduction sur l’interlude
l’Ouverture du Marché. Une très belle mise en contexte pour cette
compilation composée d’une trentaine de morceaux. À travers ce vaste buffet,
vous retrouverez non seulement des morceaux d’ordre socio-activiste mais
aussi distractif, expérimental et introspectif. D’autant plus, la toile de fond
de L’Économie du Marché Noir se dresse dans l’implantation d’un psyché
post- révolutionnaire au plan artistique. Concrètement, ce psyché correspond à
un Hip-Hop qui se définit dans «Un État d’Être Psychologique».
Ce type de
Hip-Hop par ses aspects constructifs, provocateurs et contradictoires n’est
point ancré dans un spectre d’idéation. C’est une réalité noire vécue par
plusieurs Hip-Hopeurs (euses) ultra-underground du Québec et d’ailleurs. Jiddu
Krishnamurti nous met en garde face aux idéations. Ces dernières développent en
nous une forme de procrastination qui nous empêche de concevoir des
réalisations concrètes. À ce stade-ci L’Économie du Marché Noir se résume à un « État d’Être
Hip-Hop » ou mieux un « État
d’Être Hippi Dega ». Nous
assumons pleinement cet État d’Être en cette période d’austérité et de
précarité. Tel que le relate le penseur Karlfried Von Durkheim :« L’Homme
veut savoir, pouvoir, avoir mais il ne pense plus à être … » Kapois Lamort et Prod-Noire All Starz pensent
sans cesse à «être» et s’affirmer de manière socio-institutionnelle dans la
conscience du vrai Hip-Hop «Hippi Dega», en ce premier quart du 21ième
siècle. Attentivement, accordez une importance particulière aux interludes de
ce projet colossal. Ainsi, vous comprendrez en quoi consiste cet État d’Être
Hip-Hop révolutionnaire et post- révolutionnaire. Des morceaux clés comme : La Gestion
du Terrain, Lagué Krazé Bozé, Fantastique, Ce soir, Face à la vie , Bourrik
Chajée pt.1, Re-Ultimatum, Désinformation, 67-514 Ultra Braggin et Jean-Pierre Boyer résument bien
ce type d’État psychologique. L’Économie du Marché noir par son esthétisme
explicite se démarque dans le pâturage du rachet (salace) rap montréalais
. Cela s’avère par des morceaux chauds comme : Cyber-Pétassetissité, KKKBec Pré-P.Couillard et Nap
Krazé-Brizé. Somme toute, comme mentionné dans un article antérieur portant
sur l’Économie du Marché Noir; il est important de mentionner que ce projet s’est
structuré autour de la philosophie du JONYA.
Cette philosophie préadamite africaine est avant tout un système de développement sociétal et socio-économique comme le relate le Dr. Pathé Diagne (Tarana : L’Amérique un continent Africain, éd. L’Harmattan, pp.196, 2010). Le JONYA est axé sur deux axes de développement : 1- L’Autoproduction 2- La production réelle et profitable ( P. Diagne, Tarana : L’Amérique un continent Africain, éd. L’Harmattan, pp.196-197, 2010). Essentiellement, ce que L’Économie du Marché Noir démontre dans son psychisme auto-productif. Un psyché qui tire ses origines du Hippi- Dega grandement enraciné dans les principes métaphysiques de la Zulu Nation instaurée par Africa Bambaata au courant des années 1970 comme décrit sur www.zulunation.com . À vrai dire, L’Économie du Marché Noir est une démarche explicite et très provocatrice accentuée dans une pédagogie de rue autrement dit une Street Pedagogy. Une forme de pédagogie expliquée convenablement par Érézy Street Pédagogue (Prod Noire All Starz) sur différents morceaux du projet. Cette pédagogie se démontre dans une conscience post-black « toujours noircie ». Loin d’être socio-fictive comme le relate l’auteure Ytasha L.Womack; cette conscience nous force à considérer l’importance de la concrétisation d’une Black Planet « Planète Noire ». Il y a de cela 25 ans, Public Enemy sortait un des plus grands albums de l’histoire du rap mondial Fear of a Black Planet. Les rimes alors émises par Professor Griff, Chuck D, Terminator X et Flavor Flav devaient nous aider à concevoir cette planète noire. Un quart de siècle plus tard, cette Black Planet n’est pas encore construite. Un quart de siècle plus tard nous constatons des massacres de la même gravité de ceux des: Rodney King, Yusef Hawkins et Anthony Griffith. Regardez le sort qui fut réservé à : Sean Bell, Freddy Villanueva, Kenneth Chamberland, Michael Brown, Tamir Rice, Chris Garner, Dornella Corners, Rekia Boyd pour ne nommer que ceux-ci.
Cette philosophie préadamite africaine est avant tout un système de développement sociétal et socio-économique comme le relate le Dr. Pathé Diagne (Tarana : L’Amérique un continent Africain, éd. L’Harmattan, pp.196, 2010). Le JONYA est axé sur deux axes de développement : 1- L’Autoproduction 2- La production réelle et profitable ( P. Diagne, Tarana : L’Amérique un continent Africain, éd. L’Harmattan, pp.196-197, 2010). Essentiellement, ce que L’Économie du Marché Noir démontre dans son psychisme auto-productif. Un psyché qui tire ses origines du Hippi- Dega grandement enraciné dans les principes métaphysiques de la Zulu Nation instaurée par Africa Bambaata au courant des années 1970 comme décrit sur www.zulunation.com . À vrai dire, L’Économie du Marché Noir est une démarche explicite et très provocatrice accentuée dans une pédagogie de rue autrement dit une Street Pedagogy. Une forme de pédagogie expliquée convenablement par Érézy Street Pédagogue (Prod Noire All Starz) sur différents morceaux du projet. Cette pédagogie se démontre dans une conscience post-black « toujours noircie ». Loin d’être socio-fictive comme le relate l’auteure Ytasha L.Womack; cette conscience nous force à considérer l’importance de la concrétisation d’une Black Planet « Planète Noire ». Il y a de cela 25 ans, Public Enemy sortait un des plus grands albums de l’histoire du rap mondial Fear of a Black Planet. Les rimes alors émises par Professor Griff, Chuck D, Terminator X et Flavor Flav devaient nous aider à concevoir cette planète noire. Un quart de siècle plus tard, cette Black Planet n’est pas encore construite. Un quart de siècle plus tard nous constatons des massacres de la même gravité de ceux des: Rodney King, Yusef Hawkins et Anthony Griffith. Regardez le sort qui fut réservé à : Sean Bell, Freddy Villanueva, Kenneth Chamberland, Michael Brown, Tamir Rice, Chris Garner, Dornella Corners, Rekia Boyd pour ne nommer que ceux-ci.

Ce genre de
sort s’amplifiera tant aussi longtemps que cette Black Planet n’est pas
concrétisée dans une conscientisation
métaphysique, occulte, animique et matérielle au courant des prochaines
années, décennies et siècles. Cette concrétisation est celle qui est encouragée
fortement par Prod Noire All Starz dans l’essence productive des projets :
Emcee à Mort
(Jusqu’à Lamort) et L’Économie
du Marché Noir.
Hotep Salaam
!!!.
Comments
Post a Comment